Santé des adolescents: identité de genre et contextes de vie

Résumé : Problématique : Les enquêtes épidémiologiques sur la santé de l’adolescent révèlent que les filles manifestent plus souvent des troubles internalisés et les garçons des troubles externalisés. Il a été montré également que l’identité de genre médiatise l’effet différenciateur du sexe sur la santé. Les profils – Indifférencié, Masculin, Féminin, ou Androgyne – définissent, par rapport aux troubles internalisés et aux troubles externalisés, une configuration particulière liée à la qualité de l’ajustement psychologique. Ce constat est bien établi pour la population adolescente tout venant. Mais l’approche contextualiste conduit à réinterroger ce résultat en fonction de la qualité de la transaction que l’adolescent entretient avec ses différents contextes de vie. Plus spécifiquement, les configurations des profils de genre associées aux troubles internalisés et aux troubles externalisés sont-elles identiques lorsque les adolescents sont affiliés ou au contraire désaffiliés au contexte familial ou scolaire ? Méthode : L’échantillon est composé de 747 collégiens (âge moyen 13.6 ans ; écart-type : 0.5) du nord de la France. Les catégories de genre ont été déterminées en utilisant la version française du BSRI (Bem, 1974) validée sur une population d’adolescents français (Fontayne, Sarrazin et Famose, 2000). Les mesures d’affiliation familiale (alpha = .84) et d’affiliation scolaire (alpha = .81) comportent chacune 6 items. Les participants ont été répartis en deux catégories : Affiliés, lorsque le score d’affiliation était supérieur à la médiane de l’échantillon et Désaffiliés, lorsque ce score était inférieur à la médiane, ceci pour chaque contexte - Famille ou Ecole. Les mesures de santé sont des scores composés de plusieurs indicateurs ; par exemple « vol », « bagarre » pour les troubles externalisés ou « problèmes de sommeil », « solitude » pour les troubles internalisés. Des analyses de variance multi- et uni-variées ont été réalisées et des comparaisons deux à deux complétaient ces analyses. Résultats : (1) la configuration habituelle des profils de genre est globalement confirmée. Le profil Masculin est le mieux ajusté pour les troubles internalisés et le moins bien ajusté pour les troubles externalisés. Le profil Féminin présente bien les scores les plus élevés pour les troubles internalisés et les scores les plus faibles pour les troubles externalisés, (2) pour le contexte Famille et dans le cas des troubles internalisés, la configuration différenciatrice des profils de genre se retrouve pour les désaffiliés mais elle est annulée pour les affiliés, (3) pour le contexte Ecole et dans le cas des troubles externalisés, le même pattern est observé : effet différenciateur des profils de genre pour les désaffiliés et suppression de l’effet pour les affiliés. Conclusion : L’identité de genre se construit dans le cadre d’un processus de socialisation qui se réalise au sein des contextes de vie des adolescents. Les résultats de cette recherche laissent envisager que les liens entre les profils de genre et la santé des adolescents ne sont pas uniformes et dépendent à la fois des issues de santé, de la qualité de la transaction (affiliation ou désaffiliation) et du type de contexte (familial ou scolaire).
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Contributeur : Nathalie Cartierre <>
Soumis le : vendredi 12 août 2016 - 12:45:25
Dernière modification le : jeudi 21 février 2019 - 11:02:54

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  • HAL Id : hal-01353599, version 1

Citation

Nathalie Cartierre, René Demerval, Jean-Louis Nandrino. Santé des adolescents: identité de genre et contextes de vie. Anik de Ribaupierre, Paolo Ghisletta, Thierry Lecerf, Jean-Luc Roulin. Identité et spécificités de la psychologie différentielle, ⟨Presses Universitaires de Rennes⟩, pp.407-412, 2010, 978-2-7535-0977-1. ⟨hal-01353599⟩

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