L’inhumation au prieuré, une pratique seigneuriale rapidement dépassée

Résumé : La quête du Salut qui régit toute la vie de l’homme médiéval trouve son aboutissement dans le choix du lieu de sépulture. Parallèlement à l’installation des cimetières autour des églises, certains fidèles veulent plus. L’inhumation ad ecclesiam apparaît comme l’ultime chance de s’assurer le repos de l’âme. Au même titre que n’importe quelle église, le prieuré est susceptible d’abriter la dépouille de tout défunt qui en ferait la demande, appuyée bien entendu par un généreux don. Son implantation presque exclusivement rurale fait que l’aristocratie féodale est la plus à même à bénéficier de la quiétude et de la piété du lieu. L’étude de l’inhumation priorale à l’échelle de la Bourgogne ducale permet de confirmer que ce sont majoritairement les châtelains en lien avec le prieuré qui font le choix d’y reposer. Très souvent, les inhumations dans l’église priorale revêtent un caractère familial. C’est le cas à Til-Châtel et à Bonvaux où ne sont inhumés que les membres de la famille fondatrice. C’est quelque peu différent à Lancharre ou au Val Saint-Benoît puisque ces prieurés concentrent surtout les sépultures des familles seigneuriales des environs qui ne sont poas toujours celles qui ont favorisé l’installation de la communauté. Pourtant, si les fondateurs, leurs héritiers et les membres de l’aristocratie féodale environnante profitent des liens privilégiés qu’ils ont tissés avec les desservants pour élire leur sépulture, il faut reconnaître que le prieuré a une attractivité funéraire limitée. Cet intérêt pour l’inhumation au prieuré ne dépasse pas le milieu du XIVe siècle. Considéré au départ comme une solution intermédiaire honorable entre une inhumation abbatiale prestigieuse et une inhumation paroissiale par défaut, il ne correspond plus aux attentes des membres de l’aristocratie bourguignonne. Le prieuré se trouve notamment en concurrence avec les couvents mendiants et les abbayes qui apportent une commémoration spirituelle et temporelle perçue comme plus efficace. Seuls quelques rares bienfaiteurs et certains prieurs continueront à se faire inhumer au prieuré à la fin du XVe siècle. Le déclin de l’aristocratie féodale au détriment des élites bourgeoises et marchandes a joué un rôle dans la désaffection du prieuré.
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Contributeur : Guillaume Grillon <>
Soumis le : jeudi 26 janvier 2017 - 11:37:31
Dernière modification le : vendredi 14 septembre 2018 - 09:56:09

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  • HAL Id : hal-01446719, version 1

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Guillaume Grillon. L’inhumation au prieuré, une pratique seigneuriale rapidement dépassée. Château et prieuré, CECAB, pp.225-243, 2012. ⟨hal-01446719⟩

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