Le plein air peut-il être travailliste ?

Résumé : La nature des liens entre le sommet des organisations et la masse de leurs adhérents est une donnée essentielle pour saisir l’histoire du fait communiste. Elle régule le fonctionnement des structures et détermine largement leurs succès et leurs fragilités. La Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT) est fondée en 1934 et incarne à partir de 1950 le versant communiste du mouvement sportif ouvrier français. Organisation de masse du Parti communiste français, censée rapprocher du Parti les jeunes travailleurs et leurs familles, elle n’échappe pas elle-même aux distances qu’elle a pour vocation de réduire entre les dirigeants nationaux et les membres ordinaires. Souvent débattue par les auteurs, la question de la spécificité de la culture sportive travailliste, dans son énoncé comme dans ses pratiques, révèle avec une acuité particulière ces distorsions. Au plan épistémologique, elle suggère également la richesse des approches croisées, en termes d’échelles territoriales, pour étudier l’histoire du mouvement sportif ouvrier français. Pour illustrer ces réflexions, la communication explore l’élaboration et la conduite par la FSGT d’une politique travailliste du plein air. Il s’agit ainsi d’interroger la capacité de la fédération à développer une conception originale de l’activité physique, sur un terrain qu’elle privilégie dès sa fondation mais qui est aussi largement investi par les groupements sportifs concurrents. Cette première phase de l’analyse mobilise un corpus d’archives disponible au siège de la FSGT, essentiellement constitué de la presse fédérale et de comptes-rendus de congrès nationaux, des années cinquante aux années soixante-dix. Dans un second mouvement, l’étude du quotidien d’un club ouvrier dijonnais fondé en 1951 sous le nom d’Amitié et nature offre un exemple des conditions de mise en œuvre de la politique fédérale du plein air au cours des années cinquante et permet de discuter l’originalité des pratiques locales du plein air travailliste. Cette démarche repose sur l’analyse des archives privées de l’association (comptes-rendus de réunions, rapports d’activités, témoignages manuscrits des adhérents et photographies) et de quelques entretiens oraux menés auprès d’anciens membres. Elle traduit la position ambivalente des dirigeants locaux, partagés entre consignes nationales et aspirations des pratiquants. Elle illustre dans le même temps la force de l’appropriation des contenus d’activités par les simples adhérents, qui dilue l’idéologie et paraît réinventer la singularité du plein air FSGT. Une culture sportive populaire davantage qu’ouvrière, non sans accents subversifs, émerge en effet des pratiques et sociabilités du club dijonnais. Le rapprochement des deux temps de l’investigation – national et local –, parce qu’il confronte des résultats en partie divergents, confirme enfin l’intérêt de la multiplication des focales pour appréhender le sport travailliste au plus près de sa réalité.
Type de document :
Communication dans un congrès
Organisations sportives ouvrières, territoires et métamorphoses aux XXe et XXIe siècles en Europe, Nov 2014, Dijon, France
Liste complète des métadonnées

https://hal-univ-bourgogne.archives-ouvertes.fr/hal-01533224
Contributeur : Karen Bretin-Maffiuletti <>
Soumis le : mardi 6 juin 2017 - 11:01:47
Dernière modification le : jeudi 11 janvier 2018 - 06:28:14

Identifiants

  • HAL Id : hal-01533224, version 1

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Citation

Karen Bretin-Maffiuletti. Le plein air peut-il être travailliste ?. Organisations sportives ouvrières, territoires et métamorphoses aux XXe et XXIe siècles en Europe, Nov 2014, Dijon, France. 〈hal-01533224〉

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