L'Inde comme expérience de traduction : Olivier Lacombe, René Guénon, René Daumal

Résumé : Il y a bien des manières d'entrer en contact avec des cultures étrangères et, dans ce domaine, le voyage ne garantit rien. On peut parcourir un pays et ne voir que ce que l'on connaît ou croit déjà connaître ; on peut rester lire dans son bureau et se laisser au contraire surprendre par une étrangeté que l'on ne soupçonnait pas. Question de libido, sans doute : comprendre et dominer, d'un côté – parfois avec trop d'empressement ; de l'autre, être saisi et consentir à perdre, au moins pour un temps, ses repères. En tant que chercheur censé trouver quelque chose et parvenir à des résultats, il peut sembler paradoxal d'accepter, voire de favoriser une forme d'égarement face au monde et au texte : un état qui ne serait pas seulement initial mais principiel, qui ne se trouverait nullement écarté à la fin de l'investigation mais qui programmerait sa relance potentiellement infinie. On souhaite ici établir la pertinence d'une défamiliarisation qui ne viendrait pas se résoudre en quelque familiarité que ce soit, quand bien même on ne serait pas exactement dans le même état au début et à la fin du processus de recherche. Il s'agirait de passer d'un état d'ignorance au moins relative à un dessaisissement consenti. On n'aurait pas fait du surplace, il y aurait bien mouvement, mais l'on aurait moins acquis une quantité de savoir qu'établi un certain rapport aux limites du savoir. De ce point de vue, si l'on veut bien admettre que tout objet que l'on aborde dans une optique de connaissance est d'abord un objet étranger que l'on cherche à rendre familier, le contact avec une langue et une culture étrangères fait figure de paradigme. Et plus cette langue et cette culture sont ou semblent étrangères à celui qui l'aborde, plus elles le mettent au défi d'une absence de familiarité et posent avec acuité la question de l'établissement possible d'un savoir. Cette question, un certain nombre d'esprits français l'ont posée dans les années 1920-1930 en s'intéressant aux langues et aux pensées de l'Inde et à leur traduction en français. Deux précisions préalables s'imposent ici. D'abord, on ne cherchera pas à les situer dans le moment des empires colo-niaux fragilisés de l'entre-deux-guerres. Cette étude présenterait un grand intérêt concernant l'étude de la dynamique historique de l'orientalisme, entre structure de domination et événement d'une relation à l'autre, mais entraînerait de trop longs développements de type historique. Il s'agira juste rticle on line rticle on line 49 LITTÉRATURE N° 184 – DÉCEMBRE 2016
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Littérature, Armand Colin, 2016, A partir de l'Inde, pp.49-63
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Soumis le : jeudi 19 octobre 2017 - 15:43:41
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Guillaume Bridet. L'Inde comme expérience de traduction : Olivier Lacombe, René Guénon, René Daumal. Littérature, Armand Colin, 2016, A partir de l'Inde, pp.49-63. 〈hal-01619696〉

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