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Chapitre D'ouvrage Année : 2016

Construire l'Europe des partis

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Résumé

During the 2014 European elections, the general public probably discovered the existence of little-known organisations: "political parties at European level". Although this is their legal name, they are more commonly referred to as "Europarties". Indeed, on the occasion of the May 2014 elections, a kind of new motivation for voting - in an attempt to bring down an abstention rate that rose dangerously in those elections - was put forward. It was explained that, from now on, it was all the more important to participate in the designation of the members of the European Parliament as it would have a decisive influence on the choice of the future President of the European Commission. This is a consequence of the Lisbon Treaty (2007). This new procedure for appointing the President of the Commission - a priori based on popular suffrage - has thus been the subject of much media attention, underlining the political weight of the European Parliament, and of its electors, within the European Union. Although the debate on the democratic legitimacy of the European Parliament seems far from settled, it is indeed these new methods of appointing the President of the Commission - which tend to make the elections to the European Parliament more presidential - that have made public opinion aware of the existence of Europarties. For, strengthened by what would be a reinforced political competence of the European Parliament, the Europarties will therefore seek to personalise their respective electoral campaigns and, through this personalisation, to transnationalise or Europeanise the electoral campaign in a very deliberate manner. This context is reminiscent of the way politics is conducted and power is distributed in various European parliamentary democracies, such as the United Kingdom and Italy in particular, where the party that comes out on top in the elections sees its leader become the head of the executive. More specifically, five Europarties focused on their candidates for the European Commission presidency and thus sought to give a more European partisan colouring to a campaign that is usually tightly embedded in national partisan contexts: - the right-wing, centre-right EPP (European People's Party), which had a relative majority in the outgoing parliament; - the PES (Party of European Socialists); - the liberals (and centrists) of the ALDE (Alliance of Liberals and Democrats for Europe); - the ELP (European Left Party), which includes the French Left Front and the German party Die Linke (The Left); - Finally, the EGP (European Green Party), which has even organised an online primary, open to all "green sympathisers" in Europe, to designate its candidate. After having analysed how the Europarties put themselves on stage in the context of the 2014 European elections, this chapter seeks to identify and define more precisely what the Europarties are, evokes their relationship to the notion of democracy, deciphers what vector they would be of it in Europe but also how they organise themselves.
Lors des élections européennes de 2014, le grand public a sans doute découvert l’existence d’organisations méconnues : les « partis politiques au niveau européen ». Si elle est leur dénomination juridique, on parle plus communément des « europartis ». En effet, à l’occasion du scrutin de mai 2014, une sorte de nouvelle motivation du vote – pour tenter de faire chuter un taux d’abstention qui a dangereusement augmenté à ces élections – a été mise en avant. Il a été expliqué que, désormais, il était d’autant plus important de participer à la désignation des membres du Parlement européen que celui-ci allait peser de façon décisive sur le choix du futur président de la Commission européenne. C’est une conséquence en effet du Traité de Lisbonne (2007). Cette nouvelle procédure de désignation du président de la Commission – a priori basé sur le suffrage populaire – a donc fait l’objet d’une forte médiatisation, soulignant le poids politique du Parlement européen, et de ses électeurs, au sein de l’Union européenne. Si le débat quant à la légitimité démocratique du Parlement européen paraît toutefois loin d’être tranché, ce sont bien ces nouvelles modalités de désignation du président de la Commission – qui tendent à présidentialiser les élections au Parlement européen – qui ont sensibiisé l'opinion à l’existence des europartis. Car, fort de ce qui serait une compétence politique renforcée du Parlement européen, les europartis vont donc chercher à personnaliser leur campagne électorale respective, et à travers cette personnalisation à transnationaliser ou à européaniser de façon très volontariste la campagne électorale. Ce contexte n’est pas sans rappeler la façon de faire la politique et de distribuer le pouvoir dans différentes démocraties parlementaires européennes, tels le Royaume Uni ou l’Italie en particulier, où le parti arrivé en tête aux élections voit son chef devenir chef de l’exécutif. Plus précisément, cinq europartis ont mis l’accent sur leurs candidats à la présidence de la Commission européenne et du coup cherché à donner une coloration partisane plus européenne à une campagne étroitement insérée habituellement dans des contextes partisans nationaux : - le PPE (Parti populaire européen), formation de droite et centre-droit, qui disposait d’une majorité relative au sein du parlement sortant ; - le PSE (Parti des socialistes européens) ; - les libéraux (et centristes) de l’ALDE (Alliance des libéraux et démocrates européens) ; - le PGE (Parti de la gauche européenne), qui intègre notamment le Front de gauche français et le parti allemand Die Linke (La gauche) ; - enfin le PVE (Parti vert européen) qui a même organisé une primaire en ligne, ouverte à tous les « sympathisants écologistes » en Europe pour désigner son candidat. Après avoir analysé comment les europartis se sont donc mis en scène dans le contexte des élections européennes de 2014, ce chapitre cherche à repérer et à définir plus précisément ce que sont les europartis, évoque leur rapport à la notion de démocratie, décrypte quel vecteur ils seraient de celle-ci en Europe mais aussi comment ils s'organisent.
Fichier non déposé

Dates et versions

hal-03501553 , version 1 (23-12-2021)

Identifiants

  • HAL Id : hal-03501553 , version 1

Citer

Dominique Andolfatto. Construire l'Europe des partis. Dominique Andolfatto; Alexandra Goujon. Les partis politiques, ateliers de la démocratie (Première édition), Editions de l’Université de Bruxelles, pp.167-179, 2016, Science politique, 978-2-8004-1606-9. ⟨hal-03501553⟩
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